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LE SYNDROME DE KORSAKOFF

Le syndrome de Korsakoff est une pathologie neurologique engendrant des troubles cognitifs et comportementaux,

et dont la principale cause est un alcoolisme chronique. 

Mais qu'en est-il concrètement?

Nous vous apportons ci-dessous quelques éclairages sur les aspects fréquemment sources d'incompréhension

et de questionnements, tant pour les proches que les professionnels.

La genèse du syndrome de Korsakoff

Véritable maladie affectant la mémoire, le syndrome de Korsakoff est une pathologie souvent méconnue du grand public. Comme cité en introduction, elle résulte le plus fréquemment d'un alcoolisme chronique couplé à une dénutrition.

 

La dénutrition provoque un déficit en Tiamine (vitamine B) dont le rôle principale est l'absorption de nutriments au niveau du cerveau. Cette vitamine n'est pas produite par l'organisme, elle se retrouve dans nos aliments et en suffisance si le régime se veut équilibré.

 

Toute la problématique est là !  Avec un alcoolisme chronique, le corps n'assimile plus assez de nutriment pour différentes raisons :

- financières :  plus assez d'argent pour acheter de quoi se nourrir, privilégier l'achat d'alcool

- physiologiques : vomissements, des diarrhées qui provoquent une incapacité à l'organisme de dégrader les aliments et en récupérer les nutriments essentiels. Mais aussi la sensation de faim qui disparait avec l'ingestion d'alcool. 

 

L'alcoolisation chronique provoque, dans un premier temps, un syndrome inflammatoire aigu au niveau cérébral caractérisé par un état confusionnel. Il s'agit du syndrome de Gayet-Wernicke. Phase aigue pouvant être récupérable.  

Alcoolisation chronique --> dénutrition --> Syndrome inflammatoire aigu = Syndrome de Gayet- Wernicke  --> Etat confusionnel --> Retour à l'état cognitif de base ou fixation des troubles = syndrome de Korsakoff 

La symptomatologie du syndrome de Korsakoff

La particularité du syndrome de Korsakoff est que la symptomatologie varie d'un sujet à l'autre. Il est important de prendre en considération plusieurs aspects qui vont influencer plus ou moins les troubles cognitifs et autres. 

- Le niveau d'étude et la profession : les personnes ayant effectuées des études et ayant un travail dit plus     

  intellectuel  présenteront une symptomatologie plus légère.  

- La prise en charge de l'alcoolisme (présence de cures ou non) : La présence de périodes d'abstinence influence la gravité de    la fixation des symptômes. 

- La nature de la boisson : il est observé que les personnes consommant des alcools forts (Whisky- Rhum- Vins cuits)         

  présentent une symptomatologie plus sévère. 

- La multi toxicologie : le tabagisme couplé à l'alcool induit d'autres symptômes non négligeables. 

  Evidemment que tout type de drogue prise en supplément favorise (voir accélère) l'installation du syndrome de Korsakoff. 

L'installation est progressive, la personne présente des oublis de plus en plus fréquents d'évènements récents, son discours est répétitif. On observe une confusion dans les dates, les heures de la journée, la personne est incapable de se situer dans le temps. Les tâches quotidiennes sont laissées à plus tard et même bâclées lorsqu'elles sont faites. Difficultés à gérer le ménage, les courses, les repas. On constate (souvent les proches) une perte d'élan, un manque de prise d'initiative à la tâche ou aux loisirs qui pouvaient pourtant être importants pour lui par le passé. 

Toutes ces observations sont relayées par les proches, amis, voisins qui restent en contact avec lui. 

Cependant le diagnostic est souvent posé à la suite d'une hospitalisation : accident, dégradation de l'état général... Le diagnostic surprend l'entourage qui se trouve alors dans une situation compliquée de devoir gérer un proche quotidiennement. 

Voici les symptômes détaillés : 

- Amnésie antérograde

 Il s'agit d'un oubli massif des évènements passés APRES la fixation du syndrome de Korsakoff. 

 La personne n'est plus capable de se souvenir des événements récents comme ce qu'il a pu faire la veille ou qui lui a rendu visite. 

- Amnésie rétrograde : 

 Cette fois, les troubles de mémoire sont antérieurs à la fixation du syndrome de Korsakoff. (Plus rare). 

   

                                                                         

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                 

 

 

 

- Désorientation spatio-temporelle : 

 La personne est incapable de donner la date du jour et de se situer dans l'espace (hormis lieux connus). 

- Anosognosie : 

 Le sujet ignore totalement ses difficultés et renvoie même ne pas avoir de problèmes. Pour lui, il est encore parfaitement capable de vivre comme avant. 

 Attention, ceci est à différencier du déni qui est un mécanisme de défense à une situation difficilement vivable psychologiquement.

 

- Confabulation :

 

Il s'agit d'une reconstruction des évènements dont il peut avoir partiellement souvenir, le sujet peut même s'accaparer une vie qui n'est pas la sienne. 

  ex : le sujet se souvient de la carrière militaire de son père et s'octroie certains récits de vie alors que le sujet n'a jamais eu               une carrière de soldat. 

 

 

- Fausses reconnaissances : 

 Le sujet reconnaît à tort des personnes et leur attribue une fausse identité. 

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Conclusion 

A la lecture des symptômes, il est aisé de comprendre la difficulté qui émerge dans l'accompagnement de ces personnes. 

Au de la problématique de consommation, le sevrage est une étape importante qui doit être effectuée le plus rapidement possible pour limiter les séquelles cognitives (et même physiologique). 

Ce sevrage doit être effectué en milieu hospitalier sous surveillance médicale. 

Il apparait que la personne ne prend pas conscience de ses difficultés (anosognosie) et donc "n'accepte pas" l'aide d'un tiers. Cela peut être une source d'agacement voire d'agitation (énervement) mais en tout cas, un manque de motivation à la prise en charge. De plus, cela influencera sa volonté à stopper la consommation d'alcool. 

Elle présentera un tableau d'apathie sur fond dépressif avec une perte d'estime de soi importante qui rendra l'approche et le travail avec celle-ci encore plus difficile. 

La désorientation spatio-temporelle renforcera un comportement inadapté : Elle partira travailler alors qu'elle est licenciée depuis quelques temps, demandera des nouvelles d'un proche décédé ou (et c'est souvent le cas) demandera à rentrer chez elle car elle ne comprend pas ce qu'elle fait dans cette structure. 

L'association Corail 

L'association se veut précurseur en matière d'accueil et d'accompagnement de personnes porteuses du syndrome de Korsakoff. La philosophie se base sur un projet tourné vers l'extérieur redonnant une identité sociale au travers d'activités citoyennes. L'inclusion et la normalisation parachèvent la philosophie donnant aux bénéficiaires un second souffle en matière d'estime de soi et d'existence en tant que personne à part entière. 

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